Les sciences œcuméniques ont-elles un avenir en Ukraine ?
Par Antoine Arjakovsky, directeur de l’Institut d’Etudes Œcuméniques.
Les sciences œcuméniques ont-elles un avenir en Ukraine ?
Messieurs les Recteurs, Révérends pères, professeurs, Mesdames et Messieurs, Chers amis,
Comme thème de cette leçon inaugurale du Mastère d’Etudes Œcuméniques, j’ai choisi de réfléchir devant vous à la question suivante : ‘Les sciences œcuméniques ont-elles un avenir en Ukraine ?’ Il y a depuis quinze ans en Ukraine de nouvelles disciplines qui sont enseignées à l’université. Je pense aux sciences politiques ou au management. Aujourd’hui nous inaugurons ensemble pour la première fois dans une université ukrainienne un Mastère d’études œcuméniques en partenariat avec plusieurs universités et instituts œcuméniques européens. Et je sais que plusieurs autres universités souhaiteraient intégrer les sciences œcuméniques comme l’académie Mohyla de Kiev ou l’université Metchnikov d’Odessa. La question de l’avenir de cette science nouvelle en Ukraine est donc importante, surtout lorsqu’on se souvient ne serait-ce qu’un instant au régime idéologique qui prévalait en Ukraine jusqu’en 1990.
Ma réponse sera la suivante. Sur le principe, oui les sciences œcuméniques ont un bel avenir, je dirais-même un avenir royal, du simple fait que leur objet d’étude, à savoir l’Eglise, est une réalité qui dit d’elle-même qu’elle est l’alpha et l’omega, la récapitulation de toute chose. D’un point de vue plus pratique, ma réponse sera également positive étant donné que les sciences oecuméniques répondent à un profond besoin en Ukraine d’un enseignement sur la religion qui soit à la fois spirituel, enraciné dans la foi chrétienne, et post-confessionnel, convaincu que l’Eglise du Christ subsiste dans sa propre Eglise sans être absente des autres communautés ecclésiales.
Mais il convient d’être conscient des enjeux que représente son introduction au sein d’une université d’Etat afin de saisir les efforts que chacun de ceux qui y participeront d’une façon ou d’une autre devra fournir pour garantir son bon développement en Ukraine.
Pour répondre donc à la question posée de l’avenir des sciences œcuméniques je me plongerai dans leur passé. Les sciences œcuméniques sont nées en Europe occidentale au XXe siècle à la suite de la conjonction d’une triple crise : la crise de l’université, la crise du confessionnalisme, et la crise de la politique internationale.
Vous savez sans doute que les premières universités sont apparues à Paris, à Bologne ou à Oxford au XIIe siècle auprès des écoles cathédrales de ces villes. L’organisation du savoir était héritée de l’antiquité. L’ensemble de la sagesse humaine était regroupée en sept arts libéraux. Dans le trivium, on étudiait les sciences qui ont trait à l’intelligence humaine, à savoir la grammaire, la dialectique et la rhétorique. Dans le quadrivium, on étudiait celles qui révèlent de la beauté du monde, à savoir l’arithmétique, l’astronomie, la géométrie et la musique. Mais au dessus de cette sagesse humaine se trouvait encore la sagesse divine, la sapientia, symbole de toutes ces universités, qui était comprise sous trois modes : la théologie, le droit canon et la médecine.
Cette organisation du savoir a été remise en cause par la Réforme qui dès le XVIe siècle a séparé de Rome les universités protestantes. A la suite d’un long processus, des philosophes allemands tels que Humboldt, Hegel et Fichte ont fini par proposer un nouveau modèle d’université fondé non plus sur la sagesse mais sur la science. Cette révolution eut des avantages. Conçue comme un lieu de lutte contre l’ignorance, l’université ouvrit plus largement ses portes et se fit moins élitiste. Permettant aux facultés de se reconnaître autonomes, elle permit une plus grande spécialisation et l’invention de nouvelles disciplines comme la sociologie ou la biologie.
Mais dans cette perspective idéaliste et scientiste, la théologie ne pouvait plus se maintenir que par sa contribution à la connaissance du grec, des langues orientales, et du ‘développement des concepts religieux parmi les hommes’.[1] Cette laïcisation du modèle universitaire aboutira en France au XIXe siècle à l’éviction de la théologie et à la création d’instituts catholiques qui encore aujourd’hui n’ont pas le droit de délivrer des doctorats. En Union soviétique on créa même au sein des facultés de philosophie une section d’athéisme scientifique chargée d’accomplir la propagande d’Etat.
C’est ainsi que l’université moderne, en dépit de toutes les différences entre les pays, perdra progressivement les trois principes de base de l’universitas : l’amitié entre écoliers et maîtres comme source de toute connaissance, la recherche de la liberté vis-à-vis de toute autorité, et une organisation du savoir permettant de comprendre le monde comme une création permanente, comme la rencontre entre la sagesse divine et la sagesse humaine.
Le résultat est qu’aujourd’hui de nombreuses personnalités religieuses ou athées considèrent que l’université est aujourd’hui un peu partout en crise. En France les universités qui accueillent plus de deux millions d’étudiants sont devenues de gigantesques usines, la recherche est paralysée par la bureaucratie, et les diplômes octroyés par les universités ne signifient plus grand chose sur le marché du travail. Aux Etats-Unis où les universités ont su conserver leur autonomie financière par rapport à l’Etat, les diplômes ont une vraie valeur et la recherche donne des prix Nobel chaque année. Mais le problème de cet enseignement qui impose des sacrifices financiers démesurés aux étudiants et à leurs parents est qu’il est profondément injuste socialement. Quand à l’Ukraine vous êtes mieux placés que moi pour savoir combien les besoins d’autonomie des universités ont du mal à être pris en considération par l’Etat !
Il me fallait vous présenter très brièvement, trop brièvement, la crise contemporaine de l’université pour que vous mesuriez l’importance de l’ambition des sciences œcuméniques, à savoir retrouver l’amitié et la sobornost’, comme source de toute connaissance, rechercher une liberté de pensée et d’action à l’égard de tout scientisme et de tout confessionalisme, proposer une vision de l’Eglise qui permette de donner un sens à la vie du monde.
Vous savez en effet que oikouménè dispose aujourd’hui principalement de trois sens : celui de ‘terre habitée’, celui ‘d’universalité’, et celui de ‘mouvement d’unité entre les chrétiens’.
En 325 après Jésus-Christ, lors de l’affirmation par les 318 pères du concile de Nicée que le Christ est le Fils de Dieu, engendré et non pas créé, gennetos agenetos, les évêques décidèrent de qualifier ce concile ‘d’œcuménique’ dans la mesure où il proclamait la vérité pour toute la terre habitée. Au même titre que le Christ avait demandé à ses disciples d’annoncer la bonne nouvelle à toutes les nations, les successeurs des apôtres disposaient d’une mission allant jusqu’aux confins du monde.
Mais moins de soixante ans plus tard, au concile de 381, les délégués de l’évêque de Rome contestèrent à l’évêque de Constantinople de se désigner patriarche œcuménique. Ils craignaient en effet de voir s’imposer dans l’Eglise de Constantinople une vision impériale et non ecclésiale de l’universalité. De fait c’est ce qui se produisit au moins jusqu’au XIXe siècle. Le terme œcuménique, ou son équivalent en Occident le terme catholique, prirent un sens d’universalisme contraignant. La terre habitée n’existait plus que dans sa relation à Rome ou à Constantinople. En réaction à cette compréhension universaliste de l’Eglise, s’est constitué dans les années 1830 le mouvement œcuménique, entendu comme mouvement de rencontre entre les chrétiens au-delà des barrières confessionnelles.
La science œcuménique est en ce sens la fille de la prise de conscience chez certaines grandes figures comme Johan Adam Moehler, Alexis Khomiakov, John Mott ou le métropolite André Szeptytsky que l’Eglise est une. Aujourd’hui le Conseil œcuménique des Eglises, qui regroupe aujourd’hui plus de 340 Eglises protestantes et orthodoxes, et auquel participe également à un moindre degré l’Eglise catholique, a beaucoup fait pour promouvoir l’enseignement des études œcuméniques. De même depuis la création d’un Secrétariat pontifical pour l’unité des Chrétiens pendant le concile Vatican II, l’Eglise catholique a créé de nombreuses institutions œcuméniques dans le monde et a développé une théologie proprement œcuménique. Côté spécifiquement orthodoxe, l’Institut saint Serge de Paris a fourni par l’intermédiaire de ses professeurs, le père Serge Boulgakov, le père Georges Florovski, Paul Evdokimov, d’illustres pionniers au mouvement œcuménique. Et depuis 40 ans des dizaines d’accords œcuméniques ont été signés entre les théologiens appartenant à différentes confessions.
Ainsi donc à travers les trois niveaux de compréhension du terme oikouménè, les sciences œcuméniques traitent d’un objet précis, l’Eglise, mais elle l’envisage selon 3 modes, le mode missionnaire, le mode politique, et le mode sapientiel.
Les sciences œcuméniques s’intéressent donc à la fois à l’Eglise en tant que peuple constitué par le baptême au nom de la Trinité et tourné vers toutes les nations, en tant qu’institution tendue vers l’accomplissement du royaume du Christ sur la terre, et en tant que corps mystique, la Jérusalem terrestre réunifiée, s’offrant à la Jérusalem céleste.
Vous comprendrez pourquoi il est difficile de comprendre les études œcuméniques comme une science au sens moderne du terme.
D’un côté en effet elle est une épistémè particulière, un champ du savoir qui réclame des connaissances précises et une méthodologie particulière. Par exemple vous devrez apprendre la différence entre les concepts juridiques d’indéfectibilité et d’infaillibilité dans le discours théologique de l’Eglise catholique romaine. Vous devrez également connaître la technique du consensus différencié comme mode de pacification entre les Eglises. C’est donc bien une science qui dispose aujourd’hui de ses concepts propres, de son réseau d’institutions scientifiques et de ses spécialistes. L’Institut œcuménique de Bossey délivre des doctorats en partenariat avec l’université de Genève. L’Institut oecuménique de Strasbourg ou de Paderborn forment des étudiants à acquérir des compétences particulières. Je pense en particulier au travail de pacification et d’entr’aide entre les Eglises, à l’enseignement des confessions et des religions, au travail social, à l’information religieuse, etc…
Mais d’un autre côté la nature de l’objet d’études des sciences œcuméniques nécessite une approche qui soit pluri-disciplinaire, libre de tout préjugé confessionnel, qui associe en permanence l’enseignement et la recherche, qui vérifie, de façon existentielle je dirais, la validité des théories par l’engagement pratique. On se trouve ici à un niveau méta-scientifique, qui ne prépare à aucun métier proprement dit. Il faudrait plutôt parler ici de l’œcuménisme comme d’une sagesse de la vie au sens antique du terme, comme un enseignement permettant de se connaître soi-même.
Par exemple il vous faudra apprendre au nom de la recherche de l’unité entre les chrétiens, mais aussi au nom de l’unité entre les chrétiens et les autres religions, à remettre en question beaucoup de données de votre foi ou de votre absence de foi. Non pas que ces données soient nécessairement fausses. Mais pour expliquer par exemple à votre voisin protestant pourquoi la Vierge Marie est bien la Mère de Dieu, il faut soi-même accepter de se mettre ne serait-ce que l’espace d’un instant à la place de celui pour qui une femme ne peut enfanter son propre créateur ! Ce geste ne se trouve pas dans les manuels. Il faut le vivre soi-même. Et l’on découvre alors que, ce qui sépare protestants, catholiques et orthodoxes est souvent ce qu’on appelle des ‘structures de conceptualité’ différentes. Mais il faut pour cela d’abord accepter de s’ouvrir par l’amitié à la vision d’autrui, à sa langue et à sa culture, avant de découvrir cette unité fondamentale entre les chrétiens.
Permettez-moi de citer l’expérience française du Groupe des Dombes, groupe d’amis théologiens catholiques et protestants qui sont parvenus après de longues années d’études et de prières à la conclusion suivante fondée sur une étude très fouillée des trois articles du credo qui la concerne. Pour eux Marie est bien une figure trinitaire. Elle est la créature du Père, à l’instar de toutes les autres créatures, mais elle est aussi la mère du Fils venu s’incarner dans notre monde, et elle est celle qui, ‘présente à la prière de la communauté de la Pentecôte, appartient par l’Esprit à la communion des saints qui est l’Eglise.’[2]
C’est donc dans ce contexte à la fois intellectuel et ecclésial, de la crise de l’université et de la crise de la conscience ecclésiale, qu’est née une discipline nouvelle qu’on appelle les sciences œcuméniques, ou la théologie oecuménique. Il me faut parler d’un troisième facteur ayant favorisé l’émergence de cette discipline : Le facteur politique, et plus précisément les deux guerres mondiales. Après la folie de la bataille de Verdun entre soldats allemands et français, après les cataclysmes de Hiroshima et de Babi Yar, le monde ne pouvait pas continuer à fonctionner, ne pouvait pas continuer à penser de la même façon qu’avant. C’est pourquoi la création du Conseil Œcuménique des Eglises en 1948 à Amsterdam fut considéré dès sa création comme un danger par les dictatures. Les Eglises orthodoxes sous domination communiste ne purent y entrer que lors du dégel en 1961 et encore en y étant solidement ligotées.
Mais il n’empêche. De la même façon que la guerre a été un puissant générateur de découvertes scientifiques nouvelles telles que la bombe thermo-dynamique ou le radar, l’aspiration à la paix a été à l’origine de la théologie œcuménique. Le premier Institut d’études œcuméniques, celui de Bossey a été créé en 1945. C’est en cette même année 1945 que le premier prix Nobel de la paix d’après guerre a été décerné à John Mott, le premier président du Conseil Œcuménique des Eglises. Et ce sont des chrétiens comme Robert Schuman qui ont lancé en 1954 l’Union Européenne en créant la communauté du charbon et de l’acier pour transformer une industrie de guerre en industrie de paix. Permettez-moi d’ajouter que la naissance de notre institut d’études œcuméniques, initiateur de la création de ce mastère, il y a exactement un an pendant la révolution orange, à un moment où des chrétiens ukrainiens appartenant à différentes confessions se sont mobilisés en faveur d’une révolution pacifique, n’est pas une pure coïncidence.
Au terme de cette brève présentation des sciences œcuméniques, de son objet d’étude, des métiers auxquels elles préparent, et de son archéologie, j’aimerais ajouter quelques mots sur notre nouveau mastère d’études œcuméniques ici à Lviv. Il est le fruit d’une amitié, celle qui unit le recteur Ivan Vakartchouk et le recteur Borys Gudziak auxquels on peut également associer le vice-recteur Maria Zoubrycka. Cette amitié unit deux types d’université, le modèle médiéval représenté par l’Université catholique, et le modèle moderne représenté par l’université nationale.
Tous deux, je le crois, souhaitent un enseignement qui donne une nouvelle place nouvelle à la théologie dans l’architectonique du savoir. C’est le vœu également du professeur Volodimir Melnik, doyen de la faculté de philosophie, de André Vasskiv, de Alicia Khrin, et de Lessia Vasskiv, qui avec moi ont accepté de partager leur expérience et leur compétences et de prendre en charge la responsabilité du conseil scientifique et administratif du Mastère. Permettez-moi de suggérer en quelques mots quelle pourrait être cette place.
Premièrement, il s’agira d’une part de rétablir cette philia entre étudiants et enseignants, ce qui demande des efforts d’humilité de la part des enseignants et de l’audace de la part des étudiants.
Cela signifie également de la part de l’administration des efforts permanents pour ne pas tomber dans la routine de tout système éducatif et d’inventer de nouvelles formes de convivialité. En ce sens l’opération ‘Noël ensemble’ réalisé par nos deux recteurs est un modèle dont on ne peut que s’inspirer.
Il faudra en second lieu éviter l’erreur médiévale du confessionalisme, et l’erreur moderne du scientisme. D’un côté nous proposerons à des enseignants de différentes confessions de présenter leurs convictions de façon argumentée et tolérante. D’un autre côté nous proposerons un enseignement de la Bible, de la théologie, de l’histoire qui soit autant de tentatives de réconciliations des divisions entre les confessions. Nous laisserons certains de nos enseignants proposer une prière œcuménique en début de cours afin de rappeler l’unité primordiale entre la foi et la connaissance. Mais nous autoriserons également ceux qui sont gênés par une telle manifestation extérieure de sa foi de ne pas y participer.
Cela exige de la part de tous une profonde liberté intérieure et un goût du risque. On pourrait parler à ce sujet d’une liberté confiante, qui ne craint ni d’être taxée de prosélyte, ni de se faire endoctriner.
Enfin il faudra faire aimer la théologie. La théologie n’est pas comme on le croit souvent une discipline de spécialistes demandant des connaissances étendues ou un savoir réservé à des clercs. Vous connaissez peut-être cette phrase d’un père du désert de l’Eglise d’Orient : ‘Si tu pries, tu es théologien’. L’enseignement de l’herméneutique contextuelle, de la langue anglaise ou de l’histoire du mouvement œcuménique n’a comme objectif que de conduire les hommes, comme le suggère O. Clément, à ouvrir les yeux sur ‘la flamme des choses’. Cet enseignement et la pratique sociale qui l’accompagnera pourrait permettre de s’émerveiller de la ‘ahité’ des choses comme disent les japonais, cette faculté qu’ont les choses de nous faire pousser un ‘Ah !’ d’exclamation, de nous émerveiller, et de nous faire dire merci !, evharistô !.
Il ne s’agira pas pour nous de faire de la catéchèse. Il y a pour cela des lieux qui permettent d’aprofondir les connaissances théologiques au sein de chaque tradition confessionnelle. Il s’agit plutôt comme le suggère la philosophe de confession anglicane Catherine Pickstock de découvrir que malgré le fait que la déconstruction soit le paradigme dominant aujourd’hui dans les universités d’Europe, le symbolisme de l’eucharistie est plus vivant que jamais. Le théologien orthodoxe Paul Evdokimov ne pensait pas autre chose lorsqu’il écrivait en 1954 déjà que ‘à l’affirmation occidentale qu’aucun signe existe sans la chose, les orientaux ajoutent qu’aucune chose n’existe sans le signe’. Dans cette perspective l’être est une phanie, une révélation de l’au-delà.
Je conclus en revenant à ma question sur le statut des sciences œcuméniques et sur leur avenir en Ukraine.
Les sciences dures, mathématiques, physique, ou biologie, cherchent par la réduction épistémique à mesurer dans l’objet qu’elles étudient ce qui y reste de répétable et de permanent.
Les sciences humaines, la philosophie, l’histoire ou la sociologie, cherchent par la réduction ontologique à garder de la chose son statut d’étant pour le reconduire à son être et découvrir ainsi en l’homme ‘un étant dans lequel il y va de l’être’.
Dans les deux cas c’est le rapport de l’être au temps qui pour Einstein comme pour Heidegger est déterminant.
Les sciences œcuméniques appartiennent aux premières et aux secondes dans la mesure où elles étudient dans l’Eglise ce qui est temporel et ce qui ne l’est pas. Mais elles exigent un effort supplémentaire de notre intelligence et de notre volonté.
Dans la nouvelle réduction qu’elles proposent, qu’on pourrait qualifier avec Jean-Luc Marion de réduction amoureuse, le temps n’est plus celui de la répétition ou du souci. Il devient celui des amants, le temps des lys des champs et des oiseaux du ciel ! En découvrant l’Eglise comme une réalité aimante et comme un don de Dieu, nous comprenons alors que l’amour est la source de toute connaissance.
En France nous disons que les amoureux vivent d’amour et d’eau fraîche. Permettez-moi de conclure en vous souhaitant, à vous tous qui avez eu suffisament d’audace et de liberté pour tenter cette aventure, beaucoup d’amour et d’eau fraîche !