Seal
Ukrainian Catholic University
Know Thyself
 • L’Université aujourd’hui • Historique • Evénements • Conférences et Séminaires • Actualités religieuses • Semestre d’été
 / Page d'accueil / Conférences et Séminaires / 2004 / Sang des martyrs, Semence d'Eglise / L'ecclésiologie du martyre:
  

 Conférences et Séminaires 2008
 •  Semaine sociale œcuménique

 Conférences et Séminaires 2007
 •  La question de l'athéisme
 •  La primauté de l'Eglise de Rome
 •  Une nouvelle vision orthodoxe de la mission aujourd’hui
 •  Que tous soient un
 •  Comment surmonter ensemble la souffrance ?
 •  La sagesse chrétienne : un art de vivre
 •  Œcuménisme, dialogues inter-religieux et fondamentalismes

 Conférences et Séminaires 2006
 •  Dialogue entre les religions : kénose ou compromis ?
 •  Appelés à être l’Eglise une
 •  RADICAL ORTHODOXY: Une réponse chrétienne à la culture post-moderne
 •  Leçon inaugurale du Mastère d'études œcuméniques

 Conférences et Séminaires 2005
 •  L'Amitié: valeur œcuménique
 •  Le Christ Notre Pâques

 Conférences et Séminaires 2004
 •  Orthodoxie et œcuménisme
 •  Conférence de Monseigneur Pierre d'Ornellas, évêque-auxiliaire de Paris
 •  Les enjeux de l'uniatisme à la lumière de la déclaration de Balamand (1993)
 •  Sang des martyrs, Semence d'Eglise
 •  Personne, Sagesse, Hypostase, une vision renouvelée de la divino-humanité

 Conférences et Séminaires 2003
 •  La vie ecclésiale en Ukraine après la fin de l'URSS
 •  Vladimir Soloviev, La Russie et l’Eglise Universelle
 •  Séminaire en anthropologie religieuse
 •  La corruption dans l’enseignement supérieur

 Conférences et Séminaires 2002
 •  Venue en Ukraine du Cardinal Walter Kasper

L'ecclésiologie du martyre

Père Mychajlo Dymyd
directeur de l'Institut du droit canon (UCU) 

Clément d'Alexandrie écrit : « Le Christ a été crucifié non pour la satisfaction de l'Eglise mais pour son dynamisme à suivre la voie du martyr ; le Christ et l'Eglise sont unis dans le temps, l'Esprit et le Verbe de Dieu pour un service fidèle et le sacrifice de soi ». Ces paroles sont devenues la sentence de la première période du christianisme lorsque plusieurs chrétiens sont morts en martyr pour le Christ. Le martyre n'est pas un phénomène fortuit ou isolé dans l'Eglise mais constitue son élément de quintessence. Il est nécessaire pour l'épanouissement du Royaume de Dieu sur la terre parmi les fidèles mais aussi parmi les adversaires et ceux qui lui sont apathiques. Puisque le martyre est brutal par nature il laisse des plaies plus profondes plutôt chez le persécuteur et les témoins que chez le persécuté qui, demeurant uni au Corps de Jésus-Christ, sacrifie sa vie avec foi. Les émotions dramatiques des persécuteurs exigent de leur nature humaine des réponses aux questions essentielles sur l'être qui, dans l'avenir, deviendront semence pour le développement de l'Eglise. Les martyrs ne mouraient pas avec indifférence comme des gens fatigués de leur vie ou comme des suicidés déprimés. Au contraire, ils respectaient la mort la considérant comme le point culminant de la vie, du combat antagoniste contre le mal, cause de la mort. On appelle les martyrs « les athlètes du Christ » choisis pour leur victoire sur le péché.

Celui qui réfléchit à la décision vitale du martyr de donner sa vie pour le Christ, tôt ou tard, verra en la personne du martyr l'icône du Corps du Christ. Le martyre est la glorification des saintes plaies du Christ crucifié offert en sacrifice pour les autres. Un tel sacrifice ne peut pas être offert de manière personnelle privée ou isolée mais il est offert avec amour et grandeur d'âme et il est ainsi intégré dans le Corps du Christ-Eglise. Car ce n'est pas en tant que personne privée mais en tant qu'homme ecclésial vivant que le martyr s'élève jusqu'à la personnification du Christ et peut dire avec lui: “Qui on donne et Qui est donné, Qui accepte et Qui on disperse”. Dans ce cas, le martyr s'apparente pleinement au Christ et devient l'Agneau, prenant part à Son Ministère dans le but du renforcement et l'épanouissement de l'Eglise.

Une vie religieuse ne peut pas être imaginée sans union au Christ. Cette union commence par le sacrement du Baptême qui symbolise la vie et la mort. L'acte symbolique du baptême se réalise toute la vie atteignant dans l'acte même du martyr une mort réelle que les Pères de l'Eglise appellent “un deuxième Baptême”. Le Baptême n'est que le début de l'union au Christ ; la dernière étape est celle du “baptême par le feu de l'Esprit à la fin des âges”. Origène parle du “baptême par le martyre”, Tertulien – d'un « deuxième baptême », Justinien écrit que le martyre est un Baptême qui efface tous les péchés.

Le martyre étant un élément de la conscience vivante de l'Eglise, il fait partie de l'essence de l'Eglise. C'est pourquoi, dit T. Spidlik, il doit toujours exister même si ce n'est pas sous la forme du versement du sang. Voilà ce que pense St-Ambroise à propos du martyre :

“Nombreuses sont les persécutions c'est pourquoi on trouve plusieurs types de martyre. Tu dois être témoin du Christ chaque jour. Si l'esprit du péché te tente et toi, craignant le futur jugement du Christ, tu gardes la pureté de l'âme et du corps, tu es martyr du Christ. Si tu es tenté par l'amour de l'argent, [ ... ] l'orgueil [...], seul Dieu sait combien de gens subissent chaque jour un martyre dissimulé et confessent dans leur cœur notre Seigneur Jésus-Christ ! [...] Aussi, demeure fidèle et fort lors de tes persécutions intérieures pour que tu puisses demeurer tel en cas de persécutions publiques. Même lors des persécutions intérieures apparaîtront les juges avec une grande puissance. Tu vois l'exemple de la tentation à laquelle le Seigneur lui-même a été soumis. »

La vie monastique est appelée aussi « un autre martyre », et l'obéissance monacale est « un second Baptême ». Le moine est « le guerrier du Christ » muni de l'arme du Christ pour la lutte contre le mal, le symbole de l'Eglise-pèlerine. La vie monacale « révèle de façon particulière la supériorité du Royaume de Dieu sur tout ce qui est de terrestre mais aussi ses plus hautes exigences ; elle montre aussi à tous les gens la grandeur inégalée de la puissance du Christ et l'effort infini du Saint Esprit qui agit de façon formidable dans l'Eglise ».

Parlant des moines St-Théodore les appelle « vrais élèves de l'Evangile ». « La vie monacale, - dit-il, est une victoire sur les passions, une maîtrise des pensées et une lutte permanente contre des ennemis invisibles, pour garder, de cette manière, une âme exempte de tout ce qui la salit ». Il la qualifie « d'école de l'évangile », « de négoce sublime dans le domaine de l'esprit », « d'ensemencement », où nous devons semer la graine de dévotion pour attendre la bonne récolte.

L'école de l'Evangile, « le négoce » spirituel ou l'ensemencement dans la compréhension du Christ ne s'appliquent pas seulement à un homme isolé, mais il est également un appel à l'effort commun des gens unis entre eux d'une manière organique en Corps mystérieux de l'Eglise, unis en familles, en communautés qui, pareils aux pèlerins, suivent le chemin vers la Jérusalem Céleste.

Ceux qui vivent dans le Mariage participent aussi au martyre. Durant le sacrement du Mariage l'Eglise chante le tropaire des martyrs. Cela signifie très clairement que la vie commune du couple et des enfants comporte un certain renoncement à ses propres envies, ce qui équivaut – selon l'évêque Kallistos Ware – à l'effusion du sang.

L'autel où l'on offre les sacrifices « […] pour les péchés et les ignorances humaines » est le lieu autour duquel est réunie toute l'Eglise. L'autel qui symbolise l'univers nous rappelle que le Christ s'offre en sacrifice « pour tous et pour tout ». Aussi, le sacrifice d'un martyr pour le Christ est aussi le sacrifice « pour tous et pour tout ». Les premiers chrétiens se réunissaient sur les tombeaux des martyrs pour la célébration de l'eucharistie. Les premières fêtes qui sont apparues dans l'Eglise étaient celles des martyrs et en leur mémoire, les chrétiens glorifiaient le Christ. On met les reliques des martyrs dans les autels et les antimensions . Sur l'autel, lors de la célébration de l'Eucharistie, le prêtre déploie l'antimension sur lequel il sacrifiera.

Le sacrifice du martyr en Christ s'élève comme un pilier et comme un calice dont les bords sont le ciel. Le sacrifice eucharistique, le sacrifice du martyr, pareil au Corps du Christ, sont vêt us d'un habit blanc, marque “de future gloire des saints” que “le Christ unit à Lui, prend chez Lui et éclaire par Son éclat”. Le Christ est le cep de la vigne . L'Eglise comme Corps d u Christ l'est aussi. Le Christ avec les martyrs sont des serviteurs libres dans le vignoble du Père. L'édification du Royaume de Dieu sur la terre, qui ne peut se produire que dans une situation pratique par l'act ion du Saint - Esprit, est une action dynamique d'accomplissement de la volonté du Père, c'est aussi les paumes ouvertes comme sur le crucifiement où l'on sent la confi a nce dans la victoire du Royaume de Dieu et où est présente l' invitation à y participer. Les paroles de l'Evangile : “Je suis le cep ; vous êtes les sarements. Qui demeure en moi comme moi en lui, porte beaucoup de fruits” (Jn 15 : 5) ne concernent pas seulement les martyrs mais sont aussi un encouragement pour tous ceux qui appartiennent à ce même corps qui est l'Eglise ; pour les générations à venir.

Et comme l'Eglise des martyrs est l'Eglise d u Christ, où les frontières de juridiction n'existent pas, les martyrs, donc, forment l'Eglise non seulement comme une structure institutionnelle sur la terre mais aussi l'Eglise une, dans le sens divin du mot. Les martyrs, fondateurs de l'Eglise, ne sont pas seulement les représentants des différentes Eglises mais aussi les représentants des différentes parties const i tuantes du peuple de Dieu comme une moniale qui prie en silence; un étranger qui a de tout coeur accepté l'idée d'unité des Eglises; un prêtre, archimandrite, moine modeste; un homme qui étant très riche a choisi la pauvreté et la simplicité; un professeur, missionnaire, bon pasteur, prisonnier inflexible; un évêque, maître de la jeunesse, fondateur de communautés de moines; un diacre laïc, serviteur de tous; un recteur de paroisse exemplaire.

Les martyrs e mbelliss ent la sainte Eglise et instruisent tous les fidèles. Ils sont nombreux, ils sont devenus l'il lustration vivante des paroles du Christ : “Il n'est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis” (Jn 15 : 13). Ils sont les piliers de l'Eglise et aident comme “pierres vivantes à l'édification d'un édifice spirituel, pour un sacerdoce saint, en vue d'offrir des sacrifices spirituels agréables à Dieu par Jésus-Christ.” (Pierre 2 : 5).

Les persécutions des chrétiens durent depuis les origines de l'Eglise. Presque tous les apôtres sont morts en martyr après la mort sur la croix de leur Maître. Dans différents endroits du globe terrestre les répressions durent jusqu'à nos jours. Nous sommes les enfants des martyrs et les souffrances de nos pères étaient parfois beaucoup plus terribles que les nôtres. Les paroles suivantes sont adressées à ces martyrs : “Heureux êtes vous si les hommes vous haïssent, s'ils vous frappent d'exclusion et s'ils insultent et proscrivent votre nom comme infâme à cause du Fils de l'homme. Réjouissez-vous ce jour-là et exultez car alors votre récompense sera grande dans le ciel.” (Luc 6:22-23).






Coordonnées
17 vul. Ilariona Svientsitskoho
79011 Lviv, Ukraine

Tel  (38 032) 240-99-40, (38 0322) 76-82-73
Fax  (38 032) 240-99-50
Mél: info@ucu.edu.ua
Internet
: www.ucu.edu.ua