Pseudo-synode de 1946 : « Violence du pouvoir contre liberté de conscience »
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« C’est l’Eglise orthodoxe russe qui a souffert le plus de la liquidation, par la violence, de l’Eglise gréco-catholique d’Ukraine, car elle s’est faite complice des crimes du pouvoir communiste, ayant choisi la voie du compromis et ayant assumé la responsabilité devant Dieu du violent traitement qui a été fait aux chrétiens »...
Une conférence internationale a été organisée à Kiev les 3 et 4 mars dernier par l’Université nationale « Mohyla » de Kiev et l’Université Catholique d’Ukraine avec l’appui de l’épiscopat de l’Eglise gréco-catholique d’Ukraine et du Fonds Konrad Adenauer.
Menée à l’occasion du 60ème anniversaire du pseudo-synode de Lviv de 1946, qui proclama la liquidation de l’EGCU, la conférence sur la politique répressive de l’Etat soviétique envers les Eglises chrétiennes et ses fidèles (principes idéologiques, mécanismes de réalisation, conséquences historiques) a accueilli de nombreux participants, notamment des historiens venus de Kiev, Lviv, Moscou, Lublin, Grodno, Minsk, Poltava, Zaporigia et Oujgorod. Les conférenciers ont présenté les divers aspects religieux de la politique étatique menée par la Russie des tsars, en Ukraine, les mécanismes de la liquidation de l’union sur les territoires ukrainiens et biélorusses après les divisions de la Rzeczpospolita Polska, ainsi que l’histoire de la lutte du régime communiste contre la religion. Le « Musée de l’Histoire de la Religion » de Lviv, a ouvert au public une exposition intitulée « L’Eglise persécutée ». L’Institut de l’Histoire de l’Eglise de l’UCU y a présenté ses nouvelles publications.
La conférence a débuté par une prière de Mgr Ihor Issitchenko, Archevêque de l’Eglise autocéphale orthodoxe d’Ukraine, et s’est terminée par une prière de l’Archevêque majeur de l’Eglise gréco-catholique d’Ukraine, le Cardinal Lubomyr Husar. Le rédacteur du journal « Notre foi », Eugène Sverstiuk, dans son exposé, a fait part de ses réflexions sur l’expérience des relations entre l’Etat et l’Eglise en Ukraine, ainsi que sur sa perspective civile. L’exposé a été suivi par une lecture d’une déclaration des intellectuels de Kiev au sujet de la débâcle du Patriarcat de l’Eglise autocéphale orthodoxe d’Ukraine le 4 février 2005. Dans son discours l’Archevêque Ihor a souligné l’opposition « sans compromis » de l’EGCU au régime totalitaire et les riches exploits de ses martyrs et des confesseurs de la foi d’aujourd’hui, représentant un acquis très fructueux de la communauté chrétienne, étant en même temps une base pour le développement dynamique de l’EGCU. Il a rappelé qu’on ne doit pas oublier que « c’est l’Eglise orthodoxe russe qui a souffert le plus de la liquidation, par la violence, de l’EGCU, car elle s’est faite complice des crimes du pouvoir communiste, ayant choisi la voie du compromis et ayant assumé la responsabilité devant Dieu du violent traitement qui a été fait aux chrétiens. » Monseigneur Ihor a rappelé le Dimanche du Pardon qui parfait la période avant le carême et a souligné la nécessité d’un pardon mutuel et d’une pénitence comme gage à la libération du fardeau du passé.