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 L'Université Catholique d'Ukraine, un nouveau modèle d'université

 Inauguration de l’Université Catholique d’Ukraine
 •  Message de félicitations du Patriarche Bartholomée
 •  Discours d’inauguration du Père Boris Goudziak

 Interwiew de Borys Gudziak : "La modernité de l'Orient"

 Les Gréco-Catholiques d’Ukraine: Une Étude Historique

 Pseudo-synode de 1946
 •  Selon le pape Benoît XVI
 •  Selon Victor Iouchtchenko
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 •  Procession à Lviv en mémoire des victimes
 •  « Violence du pouvoir contre liberté de conscience »
 •  Spectacle de commémoration à l'UCU

 Les nouveaux martyrs d'Ukraine
 •  Le sang des martyrs semence d'une vie nouvelle

 La hiérarchie Kyivienne, le Patriarcat de Constantinople, et l’union avec Rome

 Les Catholiques et Orthodoxes d’Ukraine

L'Université Catholique d'Ukraine, un nouveau modèle d'université

L'Université Catholique d'Ukraine est la seule université catholique sur tout le territoire de l'ex-URSS, c'est-à-dire, comme on disait autrefois, sur 1/6 e des terres émergées. Il se pourrait bien cependant que son importance soit plus spirituelle que géographique. Ses fondateurs en effet avaient une représentation originale, trinitaire, de l'universalité de la connaissance. Et la victoire sur les idéologies sanglantes du XXe siècle par les héritiers de cette vision nouvelle du savoir a rendu possible aujourd'hui le développement d'une nouvelle forme d'université chrétienne. L'objectif est annoncé avec la foi de ceux qui déplacent les montagnes : devenir une communauté académique vivant dans le monde à l'image de la Trinité divine.

Il y a plusieurs façons de comprendre l'universalité de l'université. [1] Les magistri de Bologne vers 1150, ou de la Sorbonne vers 1200, l'ont comprise comme la communauté du savoir, indépendante du pouvoir politique, formée par la corporation des étudiants et des enseignants. Les philosophes allemands du XIXe siècle l'ont envisagé, à la suite de Hegel, comme l'espace dans la nation où se manifeste l'esprit critique et l'unité des différentes disciplines de la connaissance. En France, l'élitisme républicain a visé avec Louis Liard en 1880 à faire surgir dans la masse le petit nombre de ceux qui pourront consacrer leur vie à la science, vrai lieu de la clarté rationnelle. Eliot, les fondateurs de Harvard et des premières universités américaines, firent au même moment le choix du professionalisme en associant au modèle traditionnel britannique du collège d'arts libéraux l'institution de recherche de type allemand.

Le modèle oriental de l'université 

Il est d'usage de considérer que la première proto-université en terre slave fut l'établissement d'enseignement fondé en 1632 sur la base de la confrérie de la Théophanie par Petro Mohyla (1596-1647), l'archimandrite de la Laure des Grottes de Kiev, un ancien membre de la confrérie orthodoxe de Lviv. Mais en 1635 le roi polonais Ladislas IV interdisit l'enseignement de la théologie, discipline considérée comme trop dangereuse entre des mains orthodoxes. Le collège fut transformé en Académie seulement en 1689-1701 après que l'Eglise orthodoxe de Kiev ait été subordonnée au patriarche de Moscou et non plus à celui de Constantinople. Jouant un rôle important pour les uns (N. Iakovenko), ou catastrophique pour les autres (G. Florovski), dans l'introduction des idées occidentales en Russie, l'Académie forma très vite de nombreux spirituels (P. Velitchkovskij), savants (G. Skovoroda) et cadres (T. Prokopovitch) de l'Empire russe. La plupart des grandes universités slaves (Lomonossov à Moscou) furent créées sur son modèle. On sait que l'enseignement dispensé partiellement en latin à l'Académie s'inspirait du modèle des collèges jésuites. En dépit de l'importance de cette institution, l'état actuel des recherches sur le collège Mohyla de Kiev ne permet pas cependant de répondre unanimement à la question de la spécificité de la vision slave ou orthodoxe de l'universalité. [2]

Le temps présent, à savoir le profond bouleversement des universités en ex-URSS depuis 15 ans, donne de nouvelles pistes de recherche. Tandis que les grandes universités (MGOU à Moscou, Chevchenko à Kiev) continuent à développer l'idéal allemand du savoir reçu en héritage par l'URSS en 1917, de nouvelles universités pionnières (l'Université d'Etat en Sciences Humaines à Moscou, l'Université européenne à Saint Pétersbourg, l'Académie Mohyla à Kiev) se tournent spontanément depuis 1991 vers une synthèse, entre professionnalisme et élitisme, des modèles occidentaux. Le principal phénomène en ex-URSS est cependant l'émergence de nouvelles universités privées, réunissant, par exemple en Ukraine, plus d'un tiers de la population étudiante. La plupart sont des entreprises commerciales tournées vers le marché du travail, devenu le seul authentique vérificateur des poids et mesures.

Il est cependant, en ex-URSS, un établissement d'enseignement supérieur qui revendique son enracinement à la fois dans la représentation nationale de la Sagesse et dans la tradition européenne de l' universitas . Il s'agit de l'Université Catholique d'Ukraine située à Lviv, capitale de la Galicie. [3]

Elle fut créée en février 1928 à Lviv (Léopol, Lwow, Lemberg) par André Szeptitzki (1865-1944), qui n'était pas seulement le métropolite de l'Eglise gréco-catholique mais aussi le chef d'Etat officieux de l'Ukraine Occidentale, oubliée par le Traité de Versailles et passée sous protectorat polonais. En continuité spirituelle avec le Collège fondé trois siècles plus tôt par Mohyla, Szeptitzki la désigna du nom d'Académie de théologie de Lviv. En réalité cet établissement n'était pas destiné seulement à donner une formation théologique et pastorale aux futurs prêtres de l'Eglise. Les séminaires, comme le Barbareum à Lviv, fonctionnaient très bien depuis qu'en 1772 l'empereur d'Autriche-Hongrie, passé maître en Galicie, avait vu tout l'intérêt géo-stratégique de cette Eglise slave unie à Rome. L'objectif de Szeptitzki était aussi bien sûr de vouloir contribuer au renouveau de la culture et de la nation ukrainienne en conférant des grades universitaires, ce qui fut empêché bien évidemment par le gouvernement polonais. D'autres cependant y contribuaient efficacement comme l'historien Mihailo Hruchevsky, professeur à l'université nationale de Lviv avant 1914, devenu premier président de la Rada ukrainienne en 1917, et contraint à l'émigration deux ans plus tard. C'est pourquoi la principale visée du métropolite n'était pas seulement pratique et professionnelle ou politique et nationale. Elle était avant tout spirituelle et sapientielle.

La vision d'une tradition

En choisissant, comme symbole de l'Académie, l'icône novgorodienne de la Sagesse de Dieu, figure biblique qui apparaît dans le livre des Proverbes dès la création du monde auprès de Dieu, le métropolite André Szeptitzki a eu d'emblée le désir d'ancrer son université dans une vision orthodoxe de la connaissance. Sur cette icône, l'Ange de la Sagesse, assis sur son trône, entouré de la Vierge, des anges et du Précurseur, annonce la bonne nouvelle du Royaume de Dieu sur la terre comme unité personnelle des trois hypostases de la Trinité. La cathédrale sainte Sophie à Novgorod où se trouvait cette icône fut fondée par le prince Vladimir en 1045 et consacrée en 1052. L'icône de la dédicace est probablement contemporaine de la cathédrale. En 1542, la chronique donne une information directe sur cette icône : ‘La Sagesse de Dieu a pardonné à une femme qui avait les yeux malades.' [4]

L'historiographie traditionnelle de la civilisation slave a souffert, on s'en rend compte aujourd'hui, [5] d'un russocentrisme lié à la vision impériale des tsars de la Moscovie depuis Ivan le Terrible. C'est un historien russe cependant qui le premier a rappelé l'importance capitale de la vision sophianique du monde de la Rus' avant les Temps Modernes, à Kiev, mais aussi à Iaroslav et à Novgorod.

Dans son chapitre ‘La République de Sainte Sophie', Fedotov montre que cette représentation architecturale et icônique de la Sagesse était également politique et eschatologique, tout du moins entre le XIe et le XVe siècles. Peu après le baptême des Rusyn dans le Dniepr en 988, sur un territoire gigantesque couvrant toute la Russie du Nord, de Pskov à Ladoga, s'est constituée une république de type démocratique, confiant le pouvoir militaire au prince (dont le plus célèbre est le vainqueur des chevaliers teutoniques saint Alexandre Nevski) et le pouvoir spirituel, c'est à dire politique, décisionnel, au métropolite. Mais le détenteur de l'autorité suprême était Sainte Sophie elle-même. ‘Sainte Sophie, écrit Fedotov, n'était pas seulement le nom de tout un territoire appartenant à l'Eglise de Novgorod comme l'exprime la formule ‘L'Eglise Sainte, Catholique et Apostolique de Sainte Sophie' ; c'était le nom même de la République. En son nom étaient écrits traités et chartes ; les princes et les personnalités officielles lui déclaraient allégeance.' [6]

On retrouve dès les origines du christianisme orthodoxe en terre slave cette vision originale de la Sagesse de Dieu, sous forme d'orante, à la fois Eglise et Mère de Dieu, en terres kiéviennes et moscovites. On ne saurait sous-estimer l'importance de cette représentation originale, féminine, protectrice de la Sagesse de Dieu, comme émancipée de la seule figure du Christ, selon la vision majeure qu'en avait l'apôtre Paul et la civilisation grecque-byzantine. Tout le renouveau de la pensée religieuse orthodoxe aux XIX-XXe siècles, de Vladimir Soloviev au métropolite Szeptitzki, qui avait rencontré le philosophe russe et se considérait comme son disciple, s'appuie sur cette intuition mystique, plus liturgique que rhétorique, de l' epignosis , de la vraie gnose, de l'ortho-doxie.

C'est cette expérience d'une connaissance intégrale, symbolique et personnelle qui a rendu possible la compréhension chez Paul Evdokimov de la culture comme icône du Royaume, et la vision par André Szeptitzki de l'université comme communauté catholique, kat'holon , selon le tout de la Gloire trinitaire.

L'héritage de la modernité

William Visser't Hooft, premier secrétaire général du Conseil Œcuménique des Eglises, a montré que l'histoire de l'université fut aussi celle du conflit entre deux sources de légitimité, celle de l'évêque et celle du docteur, ainsi que l'a illustré dès l'époque apostolique le désaccord, surmonté à Antioche, entre Pierre et Paul. C'est pourquoi la Réforme, de Luther à Calvin, fut un mouvement dirigé avant tout contre la schlérose de l'université, héritière du magistère des docteurs. Parce que la connaissance est spirituelle, ancrée dans les Ecritures et tournée vers les personnes, la chaire de Paul devait être différente de celle de Pierre. [7]

Szeptitzki a tiré les conséquences de ce renouveau spirituel et culturel. Il fonda en même temps que l'Académie une Société de Théologie ainsi que la revue Bohoslovija , revue trimestrielle de haut niveau scientifique confiée au père Joseph Slipyj (1892-1984), agrégé à la Grégorienne de Rome et futur successeur du métropolite. L'Académie voulait ainsi tirer le meilleur de l'expérience européenne du savoir synthétisé en trivium et en quadrivium, et de la connaissance critique. Dans la tradition gréco-latine de l'enseignement, toutes les branches du savoir ecclésiastique étaient représentées dans le cursus. Et selon l'héritage moderne et allemand, il existait des ‘séminaires' pour des matières spéciales avec des exercices pratiques où l'on puisait dans plusieurs bibliothèques spécialisées. Mais surtout l'originalité était ailleurs. Voici ce qu'écrivait Cyrille Korolevskij au sujet de la vision œcuménique du savoir du métropolite :

‘L'Université de Léopol, depuis la guerre civile polono-ukrainienne, était entièrement polonisée, et, du point de vue ecclésiastique, latine. Pour des clercs orientaux, surtout s'ils voulaient attirer les dissidents, il fallait un centre d'études supérieures dans lequel on aurait enseigné la théologie comparée des deux confessions, exposée d'une manière particulière d'après les Pères Grecs sans pour cela négliger les grands scolastiques occidentaux et prenant pour base l'enseignement de saint Thomas d'Aquin, si apprécié durant le Moyen Age byzantin, comme en font foi les traductions grecques de Démétrius Cydonès. A cet enseignement de la théologie comparée devait s'ajouter celui de l'histoire ecclésiastique orientale, du droit canonique oriental, de la langue staroslave au point de vue philologique, de l'exégèse biblique basée sur la version slave comparée avec la grecque et la latine, ainsi qu'avec l'hébreu : toutes choses que l'université de Léopol ne pouvait pas donner et n'avait d'ailleurs aucune intention de donner.' [8]

Le temps des martyrs

Vinrent alors, dès 1939, la guerre, les persécutions soviétiques en 1939 puis allemandes en 1941, l'anéantissement de l'Eglise gréco-catholique par Staline, la douleur suscitée par l'accord tacite de l'Eglise russe à sa politique de ré-union forcée des ‘uniates' au patriarcat de Moscou. Or l'Eglise gréco-catholique, née en 1596 à Brest, à l'initiative de la majorité des évêques orthodoxes de l'Eglise de Kiev n'était pas principalement, on le sait aujourd'hui, le fruit du prosélytisme latin. Les documents de l'époque montrent en effet que Rome fut la première réticente aux initiatives kiéviennes. [9] Comme l'a montré le père Borys Gudziak, l'Eglise grecque-catholique d'Ukraine est surtout fille des Temps Modernes, du concile de Florence, de la volonté de Réforme et de Contre Réforme répandu partout en Europe non islamique, de l'incapacité aussi du patriarche de Constantinople à soutenir les Eglises slaves après la création de l'Etat polono-lituanien en 1569.

Le 11 avril 1945, lors de l'arrestation de Joseph Slipyj, nouveau recteur de l'Académie de Théologie de Lviv, et Archevêque majeur de l'Eglise gréco-catholique, le temps n'était pas à la recherche scientifique et à l'analyse du bien-fondé de l'émancipation d'une Eglise unie à Rome de tradition orientale. Un an après, en mars 46, lors de la liquidation de l'Eglise gréco-catholique au pseudo concile de Lviv, tenu sans aucun évêque, Winston Churchill prononçait son célèbre discours de Fulton annonçant le début de la guerre froide et l'avènement d'une muraille de fer de part en part de l'Europe. Comme l'écrit Borys Gudziak, depuis 1946, l'Eglise gréco-catholique d'Ukraine n'a pas été seulement la plus importante communauté religieuse interdite dans le monde, elle a été aussi la plus importante structure sociale basée en Ukraine capable de résister efficacement à l'establishment officiel soviétique. ‘ En fait, écrit-il, pendant plus d'un demi siècle, elle a constitué l'institution numériquement la plus nombreuse d'opposition interne et systématique au gouvernement en URSS.'

Pourtant l'idéal sophianique du métropolite Szeptitski et de toute la nation ukrainienne a tenu bon. Voici ce qu'écrivait de prison, au cours de l'hiver 1961, après 15 ans de camps sibériens, Joseph Slipyj que les fidèles de l'Eglise des catacombes considèrent comme leur patriarche :

‘ Combien est bénéfique la Sibérie pour nous tous, pour les disciples du Christ, pour la vie et la croissance du Royaume du Christ ! Ce qui était autrefois un désert est aujourd'hui trempé par la sueur et le sang des enchaînés, des fils invincibles de la patrie asservie. Sur cette terre étrangère, emprisonnée dans la neige et la glace, ne résonnent pas seulement des jurons et des lamentations, mais aussi des paroles, calmes et sincères, adressées au Très Haut…' [10]

L'académie de théologie a payé cher néanmoins son intimité avec l'Ange de la Sagesse. Plusieurs dizaines de ses enseignants et de ses étudiants ont péri. Certains ont été béatifiés en 2001 comme les pères Konrad et Ichtchak. Le père Mykola Konrad, né en 1876, était le fondateur du premier mouvement de jeunesse catholique Obnova en 1929, et un des professeurs les plus populaires de l'Académie. Dès le 26 juin 1941, dans une forêt près de Lviv, alors qu'il allait porter les saints sacrements à une malade, ce que tous lui déconseillaient, il est surpris par un agent du NKVD soviétique, torturé puis exécuté. Le père Andrei Ichtchak (1887-1941), quant à lui, était docteur en théologie et professeur de droit canon. Au moment de l'invasion allemande, quant d'autres pensaient déjà à une Ukraine nazie, il est resté tout simplement dans sa paroisse à Sykhiv (Lviv), auprès de ses fidèles. Il fut exécuté à l'aube.

La fidélité à/de Pierre

A sa libération du Goulag en janvier 1963, obtenue chèrement par Jean XXIII pendant le concile de Vatican II, le patriarche Slipyj, après 18 ans passé en Goulag, a pris six mois de réflexion. Mais en novembre, à plus de 71 ans, il annonça sa double décision : recréer l'Académie de théologie de Lviv, en lui donnant le nom d'Université catholique ukrainienne, et construire une cathédrale dédiée à …la Sagesse de Dieu.

C'est à Rome, dans cette université, à l'ombre de la Sagesse, que se formèrent dans les années 1980 deux fils de la diaspora ukrainienne. Le père Mihail Dymyd devint le premier recteur de l'Académie de théologie de Lviv reconstituée en 1994 dans la nouvelle Ukraine indépendante. Le père Borys Gudziak, devint quant à lui le premier recteur de l'Université Catholique d'Ukraine, constituée, après la bénédiction accordée par le pape Jean Paul II en juin 2001, sur la base de l'Académie de théologie de Lviv et du séminaire du Saint Esprit de Rudno. En novembre 2003, les deux amis sont retournés à Rome accompagnés du Conseil scientifique de l'Université (auquel appartient en particulier M. Vakartchuk, le recteur orthodoxe de l'Université d'Etat de Lviv). Là, italiens et ukrainiens ont convenu, en hommage au dynamisme de la jeune Eglise ukrainienne, mais aussi en signe de reconnaissance à la fidélité du Saint Siège, que l'Université de Lviv prendrait désormais soin de sa filiale romaine.

Enracinée dans une vision orthodoxe et sophianique du monde, située dans une filiation avec l'université européenne réformée, ayant traversé le feu de la persécution et du témoignage, et ayant éprouvé la fidélité du Serviteur des serviteurs de Dieu, l'Université catholique d'Ukraine se tourne aujourd'hui vers l'avenir.

Face à ce nouveau Moyen Age prophétisé par Berdiaev, dans cet ‘espace post-soviétique' recouvert en quinze ans d'un manteau blanc d'églises, modestement mais avec certitude, cette université, refondée avec le XXIe siècle, est consciente de pouvoir apporter sa contribution à l'annonce de la Bonne Nouvelle du Royaume. En même temps qu'elle a défini sa mission dans sa charte en 2003, l'Université Catholique d'Ukraine a synthétisé son héritage œcuménique et historique en se définissant comme une ‘communauté académique ouverte, vivant dans la tradition chrétienne orientale, et formant pour le service, en Ukraine et à l'étranger, des acteurs sociaux et des professionnels, au nom de la Gloire de Dieu, du bien de la communauté des hommes, et de la dignité humaine'.

Une telle profession de foi a trois conséquences très pratiques : l'apprentissage d'une connaissance vraie, rend possible un engagement confiant dans le monde, et permet d'être ‘tout à tous'.

 


[1] Luc Ferry, Les révolutions de l'université , Paris, Calmann Lévy, 1995.

[2] Natalia Iakovenko, ‘L'enseignement latin et ‘l'humanisme scolaire' en Ukraine à la fin du XVIe siècle-moitié du XVIIe siècle', Duhovna Spadchina Kiivskoi Russi , n°1, Odessa, 1997, pp. 5-16 (en ukrainien) ; Marina Tkatchuk, La philosophie académique kiévienne XIXes-XXes ., Kiev, TS.P.F., 2000.(en ukrainien) ; cf en français la présentation du collège de Mohyla par A. Kniazev, L'Institut saint Serge , Paris, Beauchesne, 1974, p. 13.

[3]Identichnist' i Missia Ukrainskovo Katolitskovo Universitetu , Lviv, UCU, 2003

[4] Cité par P. Florensky, La colonne et le fondement de la vérité , Moscou, Put', 1911 ; Lausanne, Paris ; L'Age d'Homme, 1975, p.241.

[5] Georges Nivat éd., Ukraine, renaissance d'un mythe national , Actes, Genève, Univ. de Genève, 2000.

[6]Georges Fedotov, The Russian Religious Mind, vol 2, The Middle Ages, the 13 th to the 15 th centuries , Belmont, Nordland, 1975, p.191.

[7]W.A. Visser't Hooft, pionnier de l'oecuménisme Genève-Rome , Paris, Cerf, 2001

[8] Cyrille Korolevskij, Métropolite André Szeptickyj, 1865-1944 , Rome, 1964, p.54.

[9] On trouvera une bibliographie complète des travaux récents dans Borys Gudziak, Crisis and Reform, The Kyivan metropolitanate, the Patriarchate of Constantinople, and the Genesis of the Union of Brest , Cambridge, Harvard Univ. Press, 1998.

[10] Brochure sur les martyrs béatifiés en juin 2001, Lviv, Institut d'histoire de l'Eglise, 2001.






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