Les deux groupes de catholiques les plus importants d’Ukraine sont: les fidèles
de l’église ukrainienne gréco-catholique (qui sont également
connus sous le nom d’Eglise ukrainienne catholique ou encore sous le nom d’“Uniate”
qui a une connotation péjorative) et les fidèles de l’Eglise catholique
romaine, de rite latin. Dans l’attente du prochain recensement, en juillet 2000
la population de l’Ukraine a été estimée à 49,153,027
dont 14% de catholiques.
L’église ukrainienne gréco-catholique (EUGC) est composée
de neuf diocèses et plus de six millions de fidèles. Elle est
surtout implantée en Ukraine occidentale (Halytchyna, “Galicie”, villes
principales : Lviv, Ivano-Frankivsk, Ternopil), région de l’Ukraine
qui était sous domination polonaise dans l’entre-deux-guerres. Depuis
le Concile de Vatican II, la langue liturgique de l’EUGC est l’ukrainien, bien
que l’ancien slavon ait survécu dans certains chants. Elle partage la
tradition byzantine avec les églises orthodoxes (rite, vénération
des icônes, des Saints et des Pères de l’Eglise d’Orient, chant
liturgique byzantin, calendrier liturgique décalé de 13 jours
par rapport au calendrier latin). Quoi qu’ayant un grand degré d’autonomie,
depuis l’Union de Brest en 1596 [ville de Brest-Litovsk, auj. en Bélarus]
elle constitue une partie intégrale de l’Eglise catholique universelle,
pleinement en communion avec le Siège apostolique de Rome. L’EUGC a été
officiellement liquidée par le gouvernement soviétique en 1946
lors du soi-disant “Synode de Lviv”, résultant en la déportation
et l’incarcération au Goulag de toute la hiérarchie ecclésiale
et de ceux des prêtres qui ont récusé la “conversion” obligatoire
à l’Eglise orthodoxe russe. La population civile a connu quarante ans
de persécution intense; toutefois, l’EUGC a survécu dans la clandestinité
jusqu’au rétablissement de la liberté religieuse, aboutissant
à la légalisation de l’EUGC le 1er décembre
1989.
Pour l’Eglise catholique romaine, il existe quatre diocèses et une administration
apostolique en Ukraine, avec un nombre total de fidèles d’environ 870,000.
Le chef spirituel de l’EUGC
Le chef spirituel de l’EUGC est Lubomyr Cardinal Husar, Archevêque majeur
de Lviv pour les Ukrainiens et Métropolite de Halytch (ville princière
qui a donné son nom à cette région, Halytchyna). Né
à Lviv en 1933, il a passé de nombreuses années en émigration
aux Etats-Unis. Elu chef spirituel de l’EUGC en janvier 2001, il a été
nommé cardinal par le Pape Jean-Paul II en février de la même
année. Son titre formel est “Votre Béatitude”.
Différences entre l’Eglise catholique ukrainienne et l’Eglise catholique
romaine
L’Eglise catholique ukrainienne est une des diverses églises autonomes
(sui juris) de rite oriental qui sont en pleine communion avec l’Eglise
catholique romaine. Depuis que l’Eglise ukrainienne a reçu la foi chrétienne
de Byzance par l’intermédiaire des Saints Cyrille et Méthode au
10e siècle, elle partage un héritage spirituel, canonique,
théologique et liturgique avec les Eglises orthodoxes. L’église
ukrainienne gréco-catholique se caractérise de la manière
suivante:
Elit ses propres évêques qui ont leur juridiction canonique
propre
Partage le rite byzantin qui est en usage chez les orthodoxes
Suit un calendrier liturgique propre, également en usage chez les
orthodoxes
Donne la confirmation des enfants ou des adultes en même temps que
le baptême
Autorise l’ordination à la prêtrise des hommes mariés
Les Orthodoxes d’Ukraine
Environ 50% de la population ukrainienne est orthodoxe. Depuis le Concile de
Vatican II, l’Eglise a voulu promouvoir une attitude positive vis-à-vis
de l’orthodoxie. L’Eglise catholique reconnaît les mêmes sacrements
que l’Eglise orthodoxe et permet à ses fidèles dans certaines
circonstances de recevoir ces sacrements. Elle interdit aux catholiques de tenter
de convertir les orthodoxes (le prosélytisme). Le Pape Paul VI a dit
que les orthodoxes sont dans une “communion presque parfaite” avec les catholiques,
et le Pape Jean-Paul II appelle à l’unité avec les orthodoxes
pour que l’Eglise respire à nouveau “avec ces deux poumons” d’Orient
et d’Occident. Un dialogue théologique officiel et international a été
inauguré entre les deux églises en 1980, dont la dernière
rencontre a eu lieu à Emmitsburg, Maryland, en juillet 2000.
En Ukraine la situation se complique du fait des divisions internes chez les
orthodoxes. Lors de l’introduction de la foi chrétienne en Ukraine en
988 par le Grand Prince St. Volodymyr, la ville historique de Kyiv était
considérée comme le centre religieux de tous les slaves orientaux.
Mais par la suite, du fait de l’annexion des terres ukrainiennes par la Russie
tsariste, les orthodoxes d’Ukraine devaient faire partie de l’Eglise orthodoxe
russe (patriarcat de Moscou). Toutefois, lorsque l’Ukraine est devenue indépendante
en 1991, beaucoup d’orthodoxes ukrainiens ont souhaité avoir une église
distincte de l’église orthodoxe russe. En conséquence, deux églises
non-affilées au patriarcat de Moscou sont apparues en Ukraine : l’Eglise
orthodoxe ukrainienne du patriarcat de Kyiv (Patriarche Philarète Denyssenko),
créée à ce moment-là; et l’Eglise ukrainienne autocéphale.
L’Eglise ukrainienne orthodoxe qui reste liée à Moscou est dirigée
par le Métropolite Volodymyr Sabodan. L’Eglise catholique romaine entretient
des contacts avec l’Eglise ukrainienne orthodoxe liée à Moscou. L’EUGC
a des relations cordiales avec les deux autres églises orthodoxes d’Ukraine.