1928-44: L’Académie théologique de Lviv (ATL) fut fondée
en 1928 par le Métropolite Andrey Cheptytskyi, homme d’une grande sainteté
personnelle, dont le procès de béatification est en cours. Cette
personnalité majeure de l’Eglise ukrainienne gréco-catholique,
remarquable par sa vision et son engagement intellectuel, fut un précurseur
du mouvement oecuménique. Dès le début de son mandat (1901-1944),
le Métropolite Andrey oeuvra pour établir une université
à Lviv, à l’époque sous mandat autrichien. Cette université
devait proposer une formation théologique pour les chrétiens orientaux
et une formation universitaire générale pour les laïques.
Toutefois, la première guerre mondiale et la chute de l’empire austro-hongrois
qui s’en suivit mit fin à ces projets. Le Métropolite refit d’autres
tentatives, non sans difficulté, dans la période de l’entre-deux-guerres,
lorsque la Halytchyna [Galicie, nom donné à l’Ukraine occidentale]
était sous domination polonaise. L’Académie, conçue dès
sa création comme future Université catholique, devait d’abord
être une institution de formation pour le clergé du diocèse
de Lviv. En dépit de circonstances peu favorables, l’Académie
se développa rapidement sous le rectorat de Yossyp Slipyi (ensuite confesseur
de la foi et cardinal). Les négociations avec les autorités polonaises
concernant la transformation de l’Académie en Université étaient
bien avancées lors de l’annexion de l’Ukraine occidentale par les Soviétiques.
Au moment de l’occupation de Lviv en 1939, les autorités soviétiques
ont fermé l’Académie temporairement, et pour 50 ans à partir
de 1944.
Patriarche Yossyp Slipyi
1944-1989 : Bien que de courte durée, l’activité de l’ATL
dans l’entre-deux-guerres s’est avérée très fructueuse.
Son corps enseignant et ses diplômés ont joué un rôle
important pendant la période difficile des années ’30, les
années
traumatiques de la deuxième guerre, et la brutale “pacification” stalinienne
après la guerre. Les étudiants de l’ATL ont formé la
colonne vertébrale du mouvement de l’église des catacombes,
qui a survécu
à 45 ans de persécution depuis que l’Eglise ukrainienne gréco-catholique
a été liquidée en 1946. Pendant près d’un demi-siècle,
cette église était la plus grande église interdite du
monde. Les anciens élèves de l’ATL étaient les leaders
de cette communauté, formant deux générations de prêtres
clandestins, proposant une alternative culturelle et intellectuelle aux
choix officiels, et de ce fait aidant à préserver les traditions
culturelles et intellectuelles menacées par la soviétisation
de la société
ukrainienne. Après 18 ans passés dans des camps de travaux forcés,
le R.P. Yossyp Slipyi, à l’époque métropolite (ensuite
patriarche et cardinal) arriva à Rome en 1963, et fit revivre les
traditions de l’ATL en fondant l’Université catholique ukrainienne
avec l’intention
de transférer cette institution en Ukraine dès lors que la situation
politique le permettrait.
1989 à ce jour : Peu de temps après l'autorisation de l'Eglise
gréco-catholique en 1989 et l'indépendance de l'Ukraine en 1991,
l'ATL put rouvrir en 1994 sous la direction d'anciens élèves
du Patriarche Slipyi.
En 1998, l'Académie reçut l'accréditation de la Congrégation
pour l'enseignement catholique de Rome.
Lors de sa visite en Ukraine en juin 2001, le Pape Jean-Paul II a béni
un terrain cédé par la municipalité de Lviv pour la construction
des futurs bâtiments de l'Université Catholique d'Ukraine (UCU)
officiellement inaugurée un an plus tard en juin 2002.